Des fleurs, mais à quel prix ?

Les bandes végétalisées qui bordent les routes sont souvent présentées comme des oasis pour les pollinisateurs. Cependant, une enquête récente menée par l'Université de Lund (Suède) révèle que ces espaces fleuris ne sont pas toujours bénéfiques pour les bourdons. L’étude, publiée dans Biological Conservation, montre que la densité du trafic automobile influe fortement sur le taux de mortalité de ces insectes.

Comment l’enquête a été conduite ?

Les chercheurs ont sélectionné soixante talus situés dans le sud de la Suède. Ils ont comparé des bordures adjacentes à des routes à faible affluence avec celles longeant des artères très fréquentées. Sur chaque site, ils ont comptabilisé les bourdons vivants et morts, ainsi que les nids. Un dispositif original a ajouté la participation de chiens spécialement entraînés à détecter les nids grâce à leur odorat.

Résultats surprenants

Sur les routes les plus calmes, les chercheurs ont presque jamais trouvé de bourdons morts. En revanche, dès qu’un trafic modéré est présent, le nombre de spécimens décédés dépasse largement celui des individus vivants. Les nids ont surtout été repérés le long de routes privées ou de voies où seulement quelques centaines de véhicules passent chaque jour.

Implications pour la gestion de la biodiversité

Ces conclusions suggèrent que les bordures arborées pourraient constituer des refuges précieux, à condition que le flux de voitures reste limité. Les gestionnaires de la nature sont encouragés à privilégier les talus de routes peu fréquentées pour y installer des semences à forte valeur nectarifère. Néanmoins, les scientifiques insistent sur le fait que ces espaces ne peuvent pas remplacer les prairies, les pâturages ou les haies traditionnels, qui offrent une mosaïque d’habitats indispensables aux pollinisateurs.

Un réseau de verteurs sous contrainte

Les bordures forment souvent un réseau continu de bandes herbeuses le long du réseau routier. Ce maillage peut devenir un corridor écologique attractif pour les bourdons, à condition que le niveau de circulation ne dépasse pas un seuil critique. Johan Rydlöv, coordinateur national de la biodiversité à l’Administration suédoise des transports, souligne que « pour exploiter ces espaces de façon durable, il faut connaître à la fois leurs potentialités et leurs limites ». Il préconise ainsi d’orienter les futurs programmes de verdissement vers les routes à trafic faible, où les chances de succès sont les plus élevées.

En résumé, planter davantage de fleurs le long des routes n’est pas une panacée. Le contexte routier, surtout le volume de trafic, détermine si ces jardins suspendus deviendront de véritables havres pour les bourdons ou de pièges mortels.

Source: https://scientias.nl/waarom-hommels-niet-altijd-geholpen-zijn-met-meer-bloemen/#respond

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