Un constat alarmant pour les insectes
La disparition rapide des insectes représente aujourd’hui une menace majeure pour la biodiversité, l’agriculture et la sécurité alimentaire. De nombreuses espèces assurent la pollinisation des cultures ou contrôlent naturellement les ravageurs. Face à ce déclin, les chercheurs cherchent des solutions simples et peu coûteuses pour revitaliser les populations d’invertébrés.
Une étude néerlandaise au cœur de la Waal
Robin Lexmond, de l’université Radboud, a mené pendant trois ans une investigation rigoureuse le long de 24 bordures de champs et de prairies dans la région de la Ooijpolder et de la Duffelt, situées près du fleuve Waal. Des pièges spécialement conçus, d’une hauteur d’environ un mètre soixante‑dix, capturaient les insectes sans leur permettre de s’échapper. Chaque spécimen était ensuite pesé, offrant une mesure précise de la biomasse totale recueillie.
Comparaison entre haies, bandes fleuries et absence de végétation
Les pièges ont été installés à proximité de trois types de bordures : des haies vivaces, des bandes de fleurs semées chaque année et des segments nus, dépourvus de tout aménagement. Les résultats ont été saisissants : les haies ont généré une biomasse d’insectes plus de deux fois supérieure à celle des bordures nues. Les bandes fleuries ont produit un effet positif, mais nettement moins important et plus irrégulier que les haies.
Pourquoi les haies gagnent‑elles ce duel ?
Les haies, constituées d’arbustes et d’arbres persistants, offrent tout au long de l’année des refuges, des sites de nidification et des sources alimentaires variées. Elles résistent aux coups du temps, ne sont pas labourées chaque saison et maintiennent une structure stable, même pendant l’hiver. En revanche, les bandes de fleurs sont régulièrement retournées et replantées, ce qui perturbe les habitats hivernaux et limite la disponibilité de ressources précoces pour les insectes.
L’influence du paysage environnant
Surprenantement, la composition du paysage alentour (type d’agriculture, taille des parcelles, densité forestière) a eu un impact marginal sur le nombre d’insectes capturés. La seule exception notable était la présence de zones naturelles protégées : plus d’insectes y étaient observés, mais même dans ces milieux les haies locales continuaient de multiplier la capture d’insectes.
Implications pratiques pour les agriculteurs
Ces conclusions suggèrent que l’instauration de haies le long des parcelles agricoles constitue une mesure efficace, même dans les régions déjà dotées d’une riche biodiversité. Chaque mètre supplémentaire de haie peut contribuer à renforcer les services écosystémiques, notamment la pollinisation et la lutte biologique. La démarche présente l’avantage d’être peu coûteuse, durable et compatible avec de nombreuses pratiques culturales.
En somme, planter ou entretenir des haies représente une stratégie simple mais puissante pour inverser le déclin des insectes et soutenir une agriculture résiliente.