Le pesticide Sulfoxaflor sous le feu des critiques

Le Sulfoxaflor, utilisé contre les pucerons et autres insectes suceurs de sève, a longtemps divisé les experts. Autorisé dans l’Union européenne en 2015, il a été interdit sept ans plus tard après la mise en évidence de sa toxicité pour les abeilles. Aux États‑Unis, son usage perdure, ce qui a poussé des chercheurs de Georgia Tech à examiner ses effets sur une espèce de bourdon très répandue, le Bombus impatiens.

Une étude qui relie moléculaire et comportemental

Les scientifiques ont créé de petites colonies de bourdons, nourries pendant 21 jours avec de l’eau sucrée contenant différentes concentrations de Sulfoxaflor. Ils ont ensuite analysé les organes, l’expression génétique et le comportement des individus. L’objectif était de détecter si des doses faibles, non létales, pouvaient tout de même perturber la biologie de l’insecte.

Des ovaires gravement affectés

Les résultats sont sans appel : les ovaires des bourdons exposés présentent une réduction de taille et un retard de maturation. Au niveau génétique, les gènes impliqués dans la division cellulaire et la reproduction voient leur activité diminuer fortement. Cette désactivation se traduit concrètement par une chute du nombre d’œufs pondus. À la dose la plus élevée testée, aucune ponte n’a été observée.

Conséquences sur la dynamique de colonie

Au-delà du niveau cellulaire, le comportement des travailleurs a changé. Les individus contaminés ont adopté un vol plus rapide, buvaient moins d’eau sucrée et ramassaient moins de pollen. Ces altérations peuvent affaiblir la capacité de la colonie à nourrir ses larves et à assurer la pollinisation des plantes environnantes.

Implications pour l’agriculture et la biodiversité

Les bourdons assurent la pollinisation d’environ un tiers des cultures mondiales. Une diminution de leur fertilité risque de réduire le nombre de colonies robustes, entraînant une moindre pollinisation et, à terme, des baisses de rendements agricoles. L’étude montre qu’un pesticide n’a pas besoin d’être mortel pour engendrer des effets écologiques majeurs.

Les auteurs appellent à un réexamen des stratégies de lutte antiparasitaire afin de concilier protection des récoltes et sauvegarde des pollinisateurs essentiels.

Source: https://scientias.nl/deze-pesticide-blijkt-de-voortplanting-van-hommels-te-verstoren/

Related Articles