Des crânes rares sous le scanner

Deux crânes complets de dodo, conservés respectivement au Muséum d'Histoire naturelle du Danemark à Copenhague et au Musée d'Histoire naturelle d'Oxford, ont été soumis à une imagerie tomodensitométrique de pointe. Cette technique, qui utilise des rayons X pour générer des coupes transversales détaillées, a permis de reconstituer numériquement l'intérieur des os, révélant ainsi la forme exacte des cavités cérébrales disparues depuis des siècles.

Modélisation numérique et comparaison

Les modèles 3D obtenus ont été confrontés à ceux d'oiseaux vivants proches du dodo, notamment les pigeons et les tourterelles. En superposant les structures crâniennes, les chercheurs ont pu identifier les particularités morphologiques du dodo, tout en éliminant les variations dues à la taille ou à l'âge. Cette approche comparative a fourni une base solide pour interpréter les fonctions sensorielles potentielles de l’oiseau disparu.

Ce que révèlent les sens du dodo

Les analyses indiquent que le dodo possédait un système sensoriel très différent de celui de ses cousins modernes. Contrairement aux pigeons, dont l'odorat est relativement limité, le dodo semble avoir développé un sens olfactif prononcé, suggérant qu'il s’appuyait fortement sur les odeurs pour localiser sa nourriture sur l'île Maurice, où il évoluait en isolement pendant des millions d’années.

Un odorat affûté et un bec tactile

Le bec proéminent du dodo, souvent perçu comme un simple outil de préhension, apparaît désormais comme un organe sensoriel sophistiqué. Sa forme élargie aurait permis à l’oiseau de sonder le sol et la végétation avec une précision tactile remarquable, complétant ainsi son flair développé. Cette double capacité aurait favorisé la recherche de fruits, de racines et d’invertébrés cachés sous la litière forestière.

Activité crépusculaire et intelligence

Des indices anatomiques laissent également entrevoir une activité possible à l’aube et au crépuscule, période où la lumière est tamisée. Le dodo aurait ainsi pu exploiter des créneaux horaires moins concurrentiels pour se nourrir. De plus, aucune preuve ne soutient l’idée d’une intelligence inférieure à celle des pigeons modernes ; au contraire, la combinaison unique de sens suggère une adaptation cognitive adaptée à un environnement insulaire très spécifique.

Source: https://scientias.nl/ct-scans-onthullen-de-verborgen-zintuigen-van-de-dodo/

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