La Luce de Ferrari suscite la controverse
Lorsque le constructeur italien a dévoilé la Luce, son premier modèle 100 % électrique, le tonnerre a éclaté sur les réseaux. Conçue par l’ancien designer d’Apple, Jony Ive, cette berline de cinq places arbore un design minimaliste et un prix avoisinant les 650 000 dollars, un montant qui a immédiatement fait grincer les dents des passionnés et des observateurs.
Les réactions ont été vives : les adeptes de la marque ont exprimé leur désarroi, les critiques l’ont comparée à la modeste Nissan Leaf, et même un concurrent, Derek Jenkins de Lucid, a lancé quelques piques. Cependant, au cœur du débat se trouve une question plus stratégique : pour qui la Luce a-t-elle réellement été pensée ? Est‑elle destinée aux collectionneurs qui possèdent déjà plusieurs Ferrari, ou vise‑t-elle à attirer une nouvelle clientèle prête à embrasser la mobilité électrique ?
Un public déjà bien servi
Les chiffres parlent d’eux‑mêmes. Plus de 80 % des 14 000 acheteurs d’une Ferrari l’an passé possédaient déjà au moins un modèle de la maison. Le PDG Benedetto Vigna affirme que la Luce reçoit déjà des commandes tant de clients historiques que de prospects novateurs. Si la demande dépasse la capacité de production prévue, la marque devra choisir soigneusement ses premiers acquéreurs.
Le précédent du Purosangue, cet SUV critiqué à sa sortie mais qui s’est finalement imposé, montre que Ferrari n’a pas besoin d’une approbation universelle pour réussir. Un produit peut survivre à la polémique tant qu’il séduit un nombre suffisant d’acheteurs affluent.
Au-delà de l’électrique : les véhicules autonomes au Texas
Dans un autre registre, le Texas a récemment adopté une loi renforçant le contrôle étatique sur les essais et le déploiement des véhicules autonomes. Toutes les sociétés doivent désormais obtenir une licence et les données associées sont rendues publiques.
Grâce au nouvel outil de suivi, Waymo domine le classement avec 577 AV enregistrés, suivi d’Avride (317), Nuro (47) et Tesla (42). D’autres acteurs comme Aurora, Gatik AI, Kodiak AI ou Waabi figurent également dans le registre, bien que peu d’entre eux aient déjà lancé de services commerciaux dans l’État. Curieusement, aucune plainte officielle n’a encore été déposée contre ces opérateurs, un indicateur encourageant pour les usagers.
Autres mouvements stratégiques dans la mobilité
Le secteur ne se limite pas aux voitures. Equip Capital, via son fonds à actif unique, a acquis la majorité de Ryde Technology, acteur européen de la trottinette électrique, avec Goldman Sachs Alternatives en tant que principal investisseur.
Harley‑Davidson a renforcé son offre électrifiée en intégrant la startup de VTT électrique Dust Moto à sa filiale LiveWire. Parallèlement, Matternet, spécialiste de la livraison par drones autonomes, a levé 33 millions de dollars et a finalisé une fusion inversée avec Los Altos Ventures Corp.
Dans le domaine des bornes de recharge, Revel, qui a mis fin à son activité de ride‑hailing, fusionne avec Voltera pour créer une entité unifiée sous la marque Voltera, dirigée par le PDG Frank Reig.
Enfin, le fabricant allemand de drones Stark poursuit une levée de fonds ambitieuse d’au moins 300 millions d’euros, susceptible de doubler sa valorisation, tandis que Volara Motorsports a racheté Lynx Motor Works, spécialisée dans la reconstitution de véhicules classiques en édition limitée.
Ces divers développements illustrent une période de mutation rapide où l’électrification, l’autonomie et les nouveaux modèles économiques redéfinissent les règles du jeu.