Une découverte qui bouleverse les chronologies

Des chercheurs de l’Université d’Oxford et d’autres institutions ont analysé des microfossiles provenant de la région de Kheseen, en Mongolie. Leurs résultats, publiés dans Science Advances, indiquent que les tout premiers animaux pourraient dater de 800 à 700 millions d’années, soit près de deux cents millions d’années avant les estimations classiques.

Le fossile le plus ancien connu

Jusqu’à présent, le plus ancien fossile animal était daté à environ 574 millions d’années. Des traces chimiques d’une éponge de 600 millions d’années avaient déjà été signalées, mais aucune structure animale claire n’avait été identifiée. Cette absence de preuves tangibles a longtemps conduit les scientifiques à se référer à la biote de Weng’an, en Chine, comme une borne supérieure : si des animaux existaient déjà, ils auraient dû apparaître dans ces roches bien conservées.

Le rôle décisif de la biote de Kheseen

Contrairement à Weng’an, la biote de Kheseen est légèrement plus jeune, mais elle provient d’une période où des animaux sont déjà attestés ailleurs. Malgré la qualité exceptionnelle des échantillons – 143 blocs de roche et des centaines de lames minces étudiées au microscope – aucune trace d’organismes multicellulaires n’a été détectée. Les chercheurs ont cependant mis au jour des acritarches, de minuscules organismes unicellulaires, ainsi que des structures ressemblant à des embryons, qui s’avèrent probablement être des artefacts non liés à la vie animale.

Conséquences pour l’« horloge moléculaire »

Cette découverte remet en cause l’une des bases de la chronologie évolutive : la méthode de l’horloge moléculaire. Celle‑ci compare les différences génétiques entre espèces vivantes et les associe à des fossiles datés pour estimer l’âge des ancêtres communs. Pour calibrer ces calculs, les scientifiques utilisent des bornes supérieures, comme la biote de Weng’an. Si cette borne s’avère moins fiable, les estimations doivent être révisées à la hausse, repoussant l’émergence des premiers animaux d’environ 200 millions d’années.

Un contexte glaciaire extrême

Ces nouvelles dates placent l’apparition des animaux au cœur du Cryogénien, une ère caractérisée par d’immenses glaciers qui recouvraient la planète comme une gigantesque boule de neige. L’idée que la vie multicellulaire aurait pu se développer pendant une période de froid intense ouvre de nouvelles perspectives sur le rôle des changements climatiques dans l’évolution de la complexité biologique.

Vers de nouvelles investigations

Ross Anderson, l’un des auteurs de l’étude, souligne l’importance d’explorer davantage de formations géologiques de même âge. Il insiste sur la nécessité d’examiner non seulement les fossiles d’animaux, mais aussi les traces potentielles d’autres formes de vie qui pourraient éclairer les débuts de la biodiversité. Cette approche pourrait finalement permettre de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse d’une origine animale beaucoup plus ancienne que supposée.

Source: https://scientias.nl/de-eerste-dieren-leefden-mogelijk-200-miljoen-jaar-eerder-dan-gedacht/

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