Un nouveau pari d’OpenAI : des agents qui gèrent votre quotidien numérique
OpenAI vient de lancer ChatGPT Work, une version adaptée de son outil de codage Codex, destinée aux salariés non‑techniques. L’idée est simple mais ambitieuse : confier à un modèle de langage les clés de vos applications – messagerie, gestion de projets, design – afin qu’il exécute des tâches complexes sans intervention humaine. Andrew Ambrosino, ingénieur principal derrière l’application de bureau, a déjà donné à son agent l’accès à son courrier, Slack, son téléphone, Notion, Figma et bien d’autres services. Cette prise de contrôle totale soulève la question cruciale du degré de confiance que l’on accorde à une IA pour manipuler des données sensibles.
Quand l’IA devient un collaborateur autonome
Le produit, proposé à 20 $ par mois, se veut le compagnon idéal des professions où l’ordinateur est le principal outil de travail : comptables, investisseurs, médecins, juristes, etc. Au lieu de répondre à une simple requête, l’agent peut orchestrer plusieurs étapes, rédiger des rapports, préparer des présentations ou même générer du code sur mesure. Thibault Sottiaux, responsable du produit, affirme que ces agents « réalisent des tâches très compliquées de façon autonome, agréable et sécurisée ». L’enjeu commercial est de taille : chaque interaction consomme des tokens, augmentant les revenus par utilisateur.
Défis d’adoption au-delà du secteur du développement
Si les ingénieurs ont rapidement adopté les assistants de codage, les équipes de communication, finance ou ressources humaines restent plus réticentes. Une étude interne d’OpenAI montre que 98 % des employés de la société utilisent Codex, contre seulement 17 % des abonnés organisationnels et moins de 1 % des particuliers. Le fossé s’explique par le besoin d’un accompagnement plus poussé, d’interfaces plus intuitives et d’une gouvernance claire sur la confidentialité des informations.
Concurrence et stratégies verticales
Des start‑ups comme Harvey (droit) ou Clay (ventes) misent sur une approche « model‑agnostic », intégrant le meilleur modèle disponible à chaque moment. Pour OpenAI, la clé réside dans la capacité à fournir des actifs complémentaires – intégrations natives, outils de supervision, audits de sécurité – afin de rester le fournisseur de référence. Les analystes d’a16z avertissent que sans ces leviers, la valeur pourrait migrer vers d’autres acteurs plus agiles.
Quel futur pour les agents IA ?
Le débat se cristallise autour de la question suivante : jusqu’où êtes‑vous prêts à déléguer votre vie digitale à une IA ? Les réponses varieront selon les secteurs, les cultures d’entreprise et les cadres réglementaires. Ce qui est certain, c’est que la course à l’automatisation s’intensifie, et que les agents capables de gérer des flux de travail entiers deviendront un critère de compétitivité majeur.