Un pari audacieux sur l’intelligence artificielle automobile
Sheryl Sandberg, ancienne dirigeante de Facebook, a annoncé un financement de 10 millions de dollars pour Self Inspection, une jeune pousse californienne qui veut transformer la façon dont les véhicules sont évalués. Le capital provient de son fonds familial, Sandberg Bernthal Venture Partners, et s’accompagne de la participation de partenaires stratégiques comme le distributeur de pneus U.S. AutoForce et le prêteur automobile Westlake Financial.
Comment la startup simplifie l’inspection
Fondée en 2021, Self Inspection a développé une plateforme qui permet à n’importe quel utilisateur disposant d’un smartphone de réaliser une analyse détaillée de la carrosserie d’une voiture. Le processus repose sur une interface guidée qui invite l’opérateur à photographier chaque zone du véhicule. Ces clichés sont ensuite comparés à une vaste base de données d’images de dommages, alimentée par des millions d’exemples collectés au fil des années.
Grâce à des algorithmes de vision par ordinateur, le système identifie la nature et la gravité des impacts, estime les coûts de réparation, indique les pièces nécessaires et génère un rapport PDF complet, semblable à celui fourni par un atelier de carrosserie professionnel. En outre, la solution peut extraire des informations supplémentaires depuis le port OBD2 du véhicule, offrant ainsi une vision encore plus précise de l’état mécanique.
Des résultats déjà probants
Self Inspection affirme avoir réalisé plus d’un million d’inspections pour des flottes de location, des sociétés de financement automobile, des enchères et des places de marché en ligne. Des acteurs majeurs comme la branche financière de Stellantis utilisent la technologie pour les véhicules d’entreprise et les contrôles de fin de location. Selon la société, les clients ont économisé plus de 80 millions de dollars et gagné plus de 300 000 heures de travail grâce à l’automatisation du processus.
Un écosystème en pleine mutation
Cette levée s’inscrit dans une vague d’initiatives qui cherchent à moderniser l’industrie automobile à l’aide de l’IA. D’autres start‑ups, telles que Toma et Flai, développent des agents vocaux pour améliorer la communication entre concessionnaires et clients, tandis que BidBus propose une plateforme de mise en concurrence pour l’achat de voitures d’occasion. UVeye, quant à elle, adopte une approche plus infrastructurelle en installant des stations d’inspection automatisées.
Ce qui distingue Self Inspection, c’est sa philosophie de la simplicité. Plutôt que d’investir dans des équipements coûteux, l’entreprise mise sur la capacité quasi universelle des smartphones à capturer des images de qualité. « Tout le monde possède un bon appareil photo et sait comment prendre une photo », explique le PDG Constantine Yaremtso. Cette accessibilité permet de déployer la solution à grande échelle, y compris dans des marchés émergents où les ressources sont limitées.
Perspectives d’expansion
Les fonds levés serviront à enrichir la suite de produits, à conquérir de nouveaux clients d’entreprise et à pénétrer le marché européen. L’ambition de Self Inspection est de devenir le « système de référence » pour l’évaluation de l’état des véhicules, un registre unique qui consolidera les données fragmentées aujourd’hui disséminées entre assureurs, loueurs et concessionnaires.
En résumé, l’investissement de Sheryl Sandberg représente un vote de confiance dans une technologie qui pourrait redéfinir les standards de l’inspection automobile, en rendant le processus plus rapide, moins coûteux et largement accessible.