Une ascension fulgurante dans les airs
Dans les années 1970, un jeune entrepreneur nommé Alfred Dellentash s’installe à Los Angeles et crée un empire de location d’avions privés. Rapidement, il attire l’attention des plus grands groupes de rock, de Rolling Stones à KISS, qui réservent ses Convair, hélicoptères et même un Boeing 707 pour leurs tournées mondiales. Ce qui apparaît au premier regard comme un simple service de luxe dissimule pourtant une double activité bien plus sombre.
Le pont entre rock et narcotrafic
Dellentash profite de la mobilité offerte par ses avions pour devenir l’intermédiaire privilégié du baron de la drogue Pablo Escobar et du syndicat mafieux Gambino. Il transporte des cargaisons de cocaïne depuis la Colombie jusqu’aux métropoles américaines, utilisant les concerts comme couverture idéale. Son réseau devient alors la plus vaste « route aérienne » du trafic illicite de l’époque, mêlant glamour, musique et crime organisé.
Une double identité soigneusement cachée
Pour éviter d’attirer les regards, Dellentash multiplie les pseudonymes et même une prétendue chirurgie d’identité, selon certaines rumeurs. Les autorités, convaincues de son implication, le traduisent en justice en 1984 pour conspiration criminelle. Malgré un procès retentissant, il ne purge qu’une fraction de sa peine, libéré après seulement cinq ans.
Après le jugement : le voile se lève
Quatre décennies plus tard, à 66 ans, il rencontre un journaliste dans un showroom automobile de Los Angeles. Vêtu d’une chemise hawaïenne colorée et de chaussures italiennes brillantes, il apparaît à la fois énigmatique et détendu. Son passé reste cependant compartimenté : il décrit son histoire comme un « coin d’ombre » qu’il garde soigneusement fermé.
Le témoignage d’un témoin inattendu
Une collègue, Susan, raconte une anecdote où Dellentash a désarmé un client agressif d’un simple crochet de bras, illustrant son mélange d’autorité et de sang-froid. D’autres collaboratrices évoquent les modèles Playboy qui peuplaient ses cabines, prouvant que son entreprise était un véritable spectacle, à mi‑chemin entre la publicité de luxe et le pistolet de la contrebande.
Un personnage qui défie les théories du complot
Alors que des théoriciens du complot tentent de le rattacher à l’enlèvement de D.B. Cooper, aux opérations secrètes de la CIA en Amérique du Sud, voire aux attentats du 11 septembre, aucune preuve ne vient étayer ces spéculations. Ce qui reste incontestable, c’est que Dellentash a su allier audace, charisme et sens des affaires pour devenir une figure quasi‑mythique du sous‑sol sous la musique rock américaine.
Son récit, désormais partagé après des décennies de silence, offre un aperçu rare d’un monde où les jets privés servaient de ferroutage clandestin, où les stars se mêlaient aux trafiquants, et où une identité pouvait être remodelée par la simple volonté de rester invisible.
Source: https://www.narratively.com/p/the-man-who-got-america-high-4ce