Un lancement sous haute tension
OpenAI prépare le déploiement public de Sol, son nouveau modèle de langage avancé, que certains considèrent comparable à Fable d’Anthropic. Ce dernier a d’ailleurs été brièvement interdit d’accès après que la Maison Blanche ait exprimé des inquiétudes. La question qui brûle toutes les lèvres : comment le gouvernement a‑t‑il donné son accord à la diffusion d’un tel système ?
Des processus opaques
Les spécialistes restent dans le doute. Mina Narayanan, analyste senior au Centre for Security and Emerging Technology de Georgetown, confesse ne pas voir les étapes exactes d’évaluation et ne peut donc pas juger de leur pertinence. Anthropic aurait parlé avec les autorités et mis en place un classificateur anti‑jailbreak, mais le contenu précis de ces entretiens, ainsi que celui entre OpenAI et les responsables publics, reste inconnu.
L’absence de critères clairs
Dean W. Ball, ancien conseiller politique de Trump aujourd’hui chez OpenAI, a admis que « personne ne sait quels sont les exigences pour obtenir une licence ». Andy Konwinski, co‑fondateur de Databricks, souligne que le vrai problème est celui du pouvoir décisionnel : qui détient la capacité de valider ou de bloquer l’accès à ces modèles ?
Un cadre législatif embryonnaire
Après plusieurs mois de débats, un ordre exécutif a été publié, proposant une feuille de route pour l’évaluation des modèles frontier. Mais les détails restent à écrire, et il n’existe toujours aucune entité semblable à la FDA pour l’IA, comme le rappelle Sriram Krishnan. Le Centre for AI Standards and Innovation du Département du Commerce semble mener l’effort, tandis que six agences ministérielles doivent définir un processus définitif d’ici début août.
Qui a testé les modèles ?
Sam Altman a mentionné des discussions avec le Secrétaire au Commerce Howard Lutnick, le Secrétaire au Trésor Scott Bessent et le directeur national de la cybersécurité Sean Cairncross. Cependant, les experts chargés des tests et la méthodologie employée n’ont jamais été dévoilés. OpenAI s’appuie sur des évaluations externes réalisées par des organisations comme le UK AISI, SecureBio et Irregular, présentées dans la « safety card » du modèle.
Des arrière‑plans politiques controversés
Le contexte n’est pas dénué de controverses : Altman aurait proposé jusqu’à 5 % du capital d’OpenAI aux comptes du gouvernement, et le président de la société, Greg Brockman, est connu comme le principal donateur des campagnes de mi‑mandat de Trump. Cette proximité politique soulève des doutes quant à la rigueur de l’approche réglementaire appliquée à Sol.
Vers une nouvelle forme de gouvernance ?
OpenAI a indiqué qu’il ne souhaitait pas que le processus d’accès gouvernemental devienne la norme à long terme et qu’il cherchait à collaborer avec les autorités pour concevoir une voie alternative. En attendant, l’opacité persiste, et les observateurs extérieurs peinent à distinguer les intérêts privés des impératifs de sécurité publique.