Le scandale du double pricing chez les investisseurs

Ces dernières semaines ont vu les fondateurs et les anciens créateurs partager leurs récits d’outrage sur le réseau social X. Des anecdotes allant d’un investisseur qui somnole pendant la présentation à la suggestion de licencier un co‑fondateur ont inondé le fil d'actualité. Au cœur de la tempête, Brendan Foody, co‑fondateur de Mercor, a pointé du doigt Sequoia Capital, l’un des fonds les plus prestigieux du secteur, en l’accusant de manipuler les évaluations via un mécanisme de « double pricing ».

Qu’est‑ce que le double pricing ?

Ce procédé consiste à ce que le capital principal d’un investisseur majeur soit injecté à un prix réduit, tandis qu’une petite portion supplémentaire est placée à un niveau de valorisation largement supérieur. Le chiffre le plus élevé, souvent relayé dans les communiqués de presse, crée l’illusion d’une startup évaluée à des sommets, masquant ainsi le coût d’entrée réel du principal bailleur de fonds. Cette pratique, déjà signalée par TechCrunch, permet d’alimenter une perception de domination sur le marché tout en conservant une marge d’achat avantageuse.

Les accusations de Brendan Foody

Foody a déclaré sur X que, au cours des six derniers mois, il avait observé une demi‑douzaine de tours où Sequoia investissait en deux tranches distinctes. Il affirme que les fondateurs, désireux de séduire leurs équipes et leurs futurs partenaires, nient l’existence de la tranche à bas prix et diffusent uniquement la valorisation phare. Ce mensonge, selon lui, serait ensuite exploité pour attirer des business angels qui s’appuient sur le chiffre d’affichage.

Réaction de Sequoia

Shaun Maguire, associé senior chez Sequoia, a répliqué en qualifiant le reproche de « scam » d’injuste. Il a expliqué que le modèle découle simplement de la réalité du marché : certains investisseurs sont prêts à payer des multiples très élevés pour les entreprises les plus en vogue, notamment dans le domaine de l’IA. Sequoia, préférant ne pas suivre ces tarifs gonflés, sépare donc son engagement en deux phases afin de dissocier la relation de construction d’entreprise du simple apport de capital. Maguire a souligné qu’il n’avait jamais perçu de comportement frauduleux et a invité quiconque à fournir des preuves contraires.

Conséquences pour les fondateurs et les salariés

Lorsque la valorisation affichée ne reflète pas le prix moyen réellement payé, les employés qui reçoivent des options d’achat d’actions sont souvent évalués sur une base gonflée. En théorie, le prix d’exercice devrait être calculé à partir de la valeur moyenne pondérée de toutes les tranches, comme le précise Jason Woon, partenaire chez Armanino, spécialisé dans les évaluations 409A. Si les startups utilisent le chiffre phare sans ajuster les calculs, les travailleurs peuvent se retrouver avec des options surévaluées, ce qui crée une dissonance entre la perception du marché et la réalité financière.

Perspectives et conclusions

Le débat met en lumière la tension entre transparence et compétitivité dans l’écosystème du capital-risque. Si le double pricing peut être perçu comme une stratégie légitime pour éviter la surchauffe des prix, il risque d’éroder la confiance des parties prenantes lorsqu’il est dissimulé. Les investisseurs, les dirigeants et les équipes doivent donc instaurer une communication claire sur la composition des tours de financement afin d’éviter les malentendus et les accusations de manipulation. L’affaire Sequoia‑Foody illustre la nécessité d’une plus grande ouverture dans la façon dont les évaluations sont présentées, tant aux médias qu’aux employés.

Source: https://techcrunch.com/2026/06/08/mercors-brendan-foody-calls-out-sequoia-over-dual-pricing-valuation-tricks/

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