Un réveillon qui tourne à la débâcle

Dans un appartement torontois, une tradition italienne de la veille de Noël s’est brutalement interrompue lorsqu’un groupe d’anguilles vivantes a envahi la buanderie familiale. L’auteur, alors âgé de onze ans, décrit avec humour la panique qui s’est emparée des adultes alors qu’ils tentaient de capturer ces créatures glissantes avant qu’elles ne finissent dans le plat de capitone frit, réservé aux aînés.

Le décor : la fête du « Feast of the Seven Fishes »

Chaque année, la grande famille se réunit pour le « Feast of the Seven Fishes », un festin italien où le poisson occupe le rôle d’invité d’honneur. Parmi les mets, le capitone frito – une anguille panée et frite – est servi aux membres plus vieux, tandis que les enfants, y compris le narrateur, restent loin du plat.

L’incident : une bande d’anguilles en fuite

Alors que le petit protagoniste se rendait à la buanderie pour récupérer un seau et une serpillière, des cris stridents retentissent. Son oncle Zio Pasquale hurle en italien, sa femme Zia Domenica lance des ordres comme « ferma‑lo ! », et l’oncle s’apprête à tuer les anguilles qui tournoyent furieusement dans les deux bassines de la buanderie. L’une d’elles file sous la machine à laver, se glisse derrière le sèche‑linge, et les tentatives de confinement – panier à linge, balais, même le coup de la serpillière – se soldent par un chaos glissant.

Un combat épique et mouillé

Le « convict glissant », comme le surnomme le narrateur, semble intouchable, provoquant sueurs et rires nerveux chez les adultes, qui luttent contre le liquide et la créature indomptable. Finalement, l’anguille s’épuise, sort du sol trempée et est neutralisée par les mains de l’oncle, qui la tue comme il l’avait prévu initialement.

Le prix à payer : la perte d’une tradition

Après cet épisode mémorable, la famille ne reprend plus jamais la coutume de préparer le capitone frit à la maison, le souvenir de l’anguille insaisissable étant trop vif. L’auteur conclut en rappelant que ce moment, bien que chaotique, reste gravé dans son enfance comme un tableau absurde où la gastronomie et le désastre se sont entrelacés.

À propos de l’auteur

Gina Luongo, écrivaine torontoise, publie régulièrement dans The Globe and Mail, Motherwell ou The Mighty. Elle est également consultante en éducation spécialisée et vit de préférence dans la bibliothèque locale.

Source: https://www.narratively.com/p/the-slippery-convict-had-us-sweating

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