Une tendance en hausse chez les plus de 60 ans
Aux États‑Unis, près de 7 % des personnes de 65 ans et plus consomment déjà du cannabis, un chiffre qui dépasse largement tout autre groupe d’âge. Cette montée en puissance surprend, car la plupart des études antérieures se concentraient sur les jeunes. Un nouveau sondage mené par les universités de Utah et Colorado a permis d’éclaircir les raisons de ce phénomène.
Motivations pratiques, pas de recherche du high
Les 169 participants, tous proches du moment où ils allaient acheter leur première fleur ou huile, ont décrit leurs attentes en termes de bien‑être. La majorité indique souffrir de douleurs chroniques, de troubles du sommeil ou d’un état mental sombre, souvent qualifié de stress ou de mélancolie. Le cannabis est alors perçu comme une alternative aux médicaments classiques, capable d’atténuer la gêne sans générer l’effet psychotrope recherché par la jeunesse.
« Ils ne cherchent pas à planer, ils veulent simplement se sentir mieux », explique Angela Bryan, l’une des chercheuses. L’objectif principal est d’améliorer la qualité de vie : s’endormir plus rapidement, réduire les éclats douloureux et retrouver le plaisir de partager des moments avec la famille ou les amis.
Le rôle prépondérant du bouche‑à‑oreille
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les conversations avec des médecins ou des infirmiers restent marginales. Les seniors s’appuient davantage sur les témoignages de proches, de voisins ou d’amis qui ont déjà expérimenté les produits. Cette forme de recommandation informelle influence fortement le choix du type de produit, de la forme d’administration et du dosage.
Rebecca Delaney souligne que cette dynamique peut être à double tranchant : d’un côté, elle facilite l’accès à une solution perçue comme efficace, mais de l’autre, elle expose les aînés à des décisions prises sans supervision médicale, avec le risque d’interactions médicamenteuses ou d’effets indésirables.
Choisir entre CBD, THC ou les deux
Face à la variété disponible, les participants se retrouvent devant un dilemme : privilégier le cannabidiol (CBD), le tétrahydrocannabinol (THC) ou une combinaison des deux. Le CBD, reconnu pour ses vertus calmantes et analgésiques, ne provoque pas d’effets psychotropes. Le THC, quant à lui, offre une amélioration de l’humeur mais comporte le risque du « high ». La plupart des répondants optent finalement pour des préparations mixtes, espérant profiter des bienfaits complémentaires tout en limitant les effets indésirables.
Vers une meilleure information médicale
L’étude a été réalisée dans le Colorado, où la consommation récréative est légale. Dans les États où le cannabis ne peut être utilisé qu’à titre médical, le processus décisionnel pourrait différer, mais les motivations restent similaires. Les chercheurs souhaitent que leurs résultats stimulent le dialogue entre professionnels de santé et patients âgés, afin d’établir des protocoles sécurisés et de diffuser des données fiables.
En favorisant une communication ouverte, il serait possible de soutenir les seniors qui cherchent des solutions naturelles pour soulager leurs maux, tout en garantissant un suivi médical adéquat.
Source: https://scientias.nl/waarom-ouderen-steeds-vaker-cannabis-gebruiken/