Une mortalité masculine méconnue après l’accouchement

Si la perte maternelle sur le lit de l’accouchement fait l’objet de recherches depuis des décennies, la mort des pères dans les années qui suivent la venue au monde de leur enfant reste largement inexplorée. Une étude récente menée par l’université Northwestern, portant sur plus de 130 000 nouveau-nés nés en 2017 en Géorgie (États‑Unis), vient toutefois éclairer ce phénomène inquiétant.

Statistiques frappantes

Sur la période 2017‑2022, 796 pères sont décédés. Plus surprenant, 60 % de ces décès auraient pu être évités. Les causes principales des morts évitables sont la violence (143 homicides), les accidents (142), les suicides (102) et les overdoses (93). Les 296 décès restants sont attribués à des raisons naturelles, mais le poids des facteurs non‑naturels souligne une vulnérabilité particulière pendant la phase de transition vers la paternité.

Conséquences pour les enfants

La perte d’un père pendant les premières années de vie d’un enfant a des répercussions profondes, tant sur le plan psychologique que socio‑économique. Les études antérieures montrent que la présence d’un père engagé améliore la santé globale du nourrisson, réduit les troubles mentaux et diminue les risques de précarité financière. Ainsi, la disparition soudaine d’un parent peut entraîner un cercle vicieux de stress, d’insécurité et de difficultés de développement.

Qui est le plus à risque ?

Les données révèlent que les pères jeunes, non mariés et issus de milieux ruraux ou à faible revenu (indiqués par le recours à Medicaid pour la prise en charge de l’accouchement) présentent le risque le plus élevé de mort non naturelle. Une proportion notable de décès concerne également les hommes noirs plus âgés et non hispanophones. Paradoxalement, les pères entre 30 et 34 ans affichent un taux de mortalité deux fois inférieur à leurs homologues sans enfants, suggérant un effet protecteur lié à la parentalité, possiblement lié à un sentiment accru de responsabilité ou à un changement de mode de vie.

Vers une prise de conscience et des actions concrètes

Les chercheurs appellent à combler une « blinde spot » en intégrant le père dans les programmes de santé postnatale. Des mesures de prévention ciblées — dépistage de la santé mentale, soutien aux familles à bas revenu, interventions contre la violence domestique — pourraient réduire de façon substantielle le nombre de décès évitables. En reconnaissant que la transition vers la parentalité est une période sensible pour les deux sexes, les politiques publiques pourraient s’inspirer des avancées réalisées autour de la mortalité maternelle pour élaborer des stratégies similaires pour les pères.

Source: https://scientias.nl/opvallend-veel-vaders-overlijden-kort-na-de-geboorte-van-hun-kind/

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