Une découverte prometteuse
Des chercheurs ont testé une forme synthétique du composé 5‑MeO‑DMT, présent naturellement dans le venin de la grenouille Colorado, sous forme de poudre administrée par nébulisation nasale. Un seul jet de 8 ou 12 mg a suffi à engendrer une amélioration notable chez des patients souffrant de dépression majeure résistante aux traitements classiques.
Le protocole de l’étude
Quarante‑six participants ont reçu 8 mg, soixante‑trois 12 mg, et soixante‑quatorze une dose quasi‑nulle de 0,3 mg, servant de groupe témoin. Tous provenaient d’Australie, des États‑Unis ou de quatre pays européens et avaient déjà échoué à deux à cinq traitements antidépresseurs. Avant la séance, leurs médicaments habituels ont été progressivement arrêtés. Sous la surveillance d’un thérapeute, chaque sujet a inhalé la spray dans une narine, puis a été observé pendant deux heures.
Des effets rapides et durables
Les mesures de la sévérité dépressive, exprimées sur une échelle de 0 à 60, ont chuté de 12,5 points pour le groupe 8 mg et de 11,1 points pour le groupe 12 mg, contre seulement 5,5 points pour le groupe témoin. Cette différence était déjà visible le lendemain de l’administration et s’est maintenue pendant au moins huit semaines. Un quart des participants de la dose de 8 mg ne présentait plus de symptômes significatifs à la fin de la période d’observation, contre moins de dix pour le groupe de contrôle.
Un avantage logistique majeur
Contrairement aux séances de psilocybine qui durent de quatre à douze heures et nécessitent la présence continue de plusieurs soignants, l’expérience avec 5‑MeO‑DMT se dissipe en moins d’une heure. Les effets intenses culminent entre huit et quinze minutes, puis disparaissent généralement après trente à quarante‑cinq minutes. Cette brièveté réduit considérablement les coûts et la charge organisationnelle, tout en offrant un soulagement comparable, voire supérieur, à celui de l’esketamine, qui doit être administré de façon répétée.
Prudence et perspectives
Les experts soulignent toutefois que l’absence d’études comparatives directes empêche de conclure définitivement sur la supériorité ou la sécurité relative du 5‑MeO‑DMT. Un suivi psychothérapeutique reste indispensable pour consolider les bénéfices et prévenir les rechutes. Le financement de la recherche par le développeur du médicament impose également une vigilance accrue quant aux biais potentiels.
En résumé, une simple nébulisation de 5‑MeO‑DMT pourrait représenter une avancée majeure pour les patients pour qui les antidépresseurs classiques ont échoué, à condition d’accompagner la procédure d’un encadrement clinique rigoureux.