Contexte et hypothèse

Les myrtilles sont souvent présentées comme un « super‑aliment » capable d’influencer le bien‑être mental grâce à leurs composés colorés. Les chercheurs du Marcus Institute for Aging Research à Boston ont voulu vérifier si, chez des personnes âgées présentant de légères plaintes dépressives, une consommation quotidienne de poudre de myrtilles pouvait réellement modifier l’humeur.

Pourquoi les myrtilles pourraient agir sur le cerveau

Ces fruits contiennent des fibres et des anthocyanes, pigments responsables de leur teinte sombre. Les deux substances nourrissent les bactéries résidant dans le côlon, lesquelles produisent des métabolites susceptibles de communiquer avec le système nerveux central. L’idée est donc que, en modifiant le microbiote, on pourrait influencer les signaux cérébraux.

Déroulement de l’essai

Le protocole a recruté des volontaires de plus de 65 ans, sédentaires et légèrement déprimés. Pendant trois mois, chaque participant a reçu 48 g de poudre de myrtilles lyophilisées, équivalant à deux tasses de fruits frais, ou un placebo identique en apparence mais dépourvu de myrtilles. L’étude était en double‑aveugle : ni les sujets, ni les investigateurs ne savaient qui recevait le vrai produit.

Avant et après l’intervention, les sujets ont rempli des questionnaires d’évaluation de l’humeur et ont fourni des échantillons fécaux afin d’analyser la composition génétique du microbiote et les métabolites produits.

Résultats principaux

Sur les 18 participants qui ont terminé l’étude (10 dans le groupe myrtilles, 8 dans le groupe placebo), les scores de dépression ont légèrement diminué chez les consommateurs de myrtilles. Cependant, l’écart avec le groupe placebo était trop faible pour être statistiquement significatif, ce qui empêche d’affirmer un effet réel.

Sur le plan microbiologique, la diversité des bactéries n’a pas changé. En revanche, les chercheurs ont observé une modulation de l’expression de certains gènes enzymatiques, dont l’un participe à la synthèse du GABA, neurotransmetteur inhibiteur impliqué dans la régulation de l’anxiété et de l’humeur. Ainsi, les myrtilles semblent influencer l’activité métabolique des microbes plutôt que leur composition.

Limites et perspectives

Avec seulement 18 participants, l’étude reste très préliminaire. Les groupes n’étaient pas parfaitement équilibrés : les sujets du groupe placebo étaient en moyenne quatre ans plus âgés et la majorité des participants étaient des femmes blanches, ce qui limite la généralisation des conclusions.

Les auteurs insistent sur le caractère exploratoire de leurs travaux et appellent à des essais plus vastes, mieux contrôlés et incluant des populations diversifiées, afin de déterminer si les changements observés au niveau des enzymes microbiennes se traduisent réellement par une amélioration de l’humeur.

En attendant, les personnes qui ressentent une tristesse persistante sont encouragées à consulter un professionnel de santé plutôt que de compter uniquement sur la consommation de fruits rouges.

Source: https://scientias.nl/zijn-blauwe-bessen-een-superfood-voor-je-humeur-kleine-studie-tempert-de-verwachtingen/

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