Moins de fruits chez les personnes à risque cardio‑vasculaire

Une vaste étude américaine portant sur plus de 370 000 adultes révèle un paradoxe inquiétant : les individus diagnostiqués avec une hypertension, un taux de cholestérol élevé ou ayant survécu à un infarctus consomment moins de fruits que leurs homologues en bonne santé. En moyenne, chaque participant mangeait un peu plus d’une portion de fruit par jour, mais les patients cardiaques ne dépassaient que 1,01 portion, contre 1,09 chez les personnes sans problème. Cette différence persiste même après ajustement pour l’âge, le niveau d’études, le revenu ou le tabagisme, à l’exception des victimes d’AVC où l’écart s’estompe.

Le jus, une illusion de santé

Le même recueil de données montre que le comportement vis‑à‑vis du jus de fruit est plus nuancé. Après un infarctus, les patients ont tendance à boire davantage de jus, alors que ceux présentant un cholestérol élevé en consomment moins. Les nouvelles directives nutritionnelles américaines recommandent désormais de limiter le jus ou de le diluer, le classant parmi les boissons sucrées, tout comme les autorités néerlandaises l’ont fait depuis 2016. Le jus, bien qu’appétissant, ne remplace pas les bienfaits du fruit entier : il contient moins d’un septième des fibres, perd une partie de la vitamine C lors du pressage et élimine les composés phytochimiques liés aux fibres qui nourrissent la flore intestinale.

Consommation de fruits aux Pays‑Bas : un défi générationnel

En Hollande, les chiffres sont tout aussi préoccupants. L’enquête du RIVM indique qu’un adulte ne consomme en moyenne que 130 g de fruit par jour, loin des 200 g recommandés (environ deux pièces). Le déficit est le plus marqué chez les 18‑50 ans, qui n’atteignent que 114 g, avec seulement 14 % d’entre eux respectant la recommandation. Chez les 65‑79 ans, la moyenne grimpe à 170 g et 34 % respectent la dose. Le niveau d’instruction joue également un rôle : les diplômés consomment 147 g contre 116 g chez les moins instruits.

Stratégies simples pour augmenter l’apport

Marije Verwijs, experte en nutrition du Voedingscentrum, propose des astuces pratiques : placer une corbeille de fruits sur la table à manger, déposer une pomme sur le bureau ou ajouter des morceaux de fruit à un yaourt ou à une tartine. La visibilité incite à la prise spontanée, transformant le fruit en choix naturel plutôt qu’en effort supplémentaire. Elle souligne également que le fruit peut être intégré aux repas principaux, par exemple une pomme accompagnant les choux de Bruxelles, afin de diversifier les textures et les saveurs.

En résumé, les personnes les plus exposées aux maladies cardio‑vasculaires sont paradoxalement les moins enclines à consommer le fruit recommandé. Remédier à ce déséquilibre passe par des changements d’habitudes simples, une meilleure information sur les limites du jus et une mise en avant du fruit dans l’environnement quotidien.

Source: https://scientias.nl/zet-een-schaal-met-fruit-op-de-eettafel-wie-fruit-het-hardst-nodig-heeft-eet-vaak-het-minst/

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