Une découverte inattendue dans notre galaxie
Des astronomes, dont plusieurs équipes néerlandaises, ont récemment mis en évidence un système binaire très particulier au cœur de la Voie lactée. Il s’agit d’une étoile chaude en orbite très rapprochée autour d’un trou noir de masse comparable à celle d’une étoile massive. Ce duo, catalogué sous le nom peu poétique IRAS 18293‑0941, projette un jet de matière à près de trois quarts de la vitesse de la lumière, dirigé presque droit vers notre planète. Malgré l’aspect alarmant d’une telle configuration, les spécialistes insistent sur le fait qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter.
Qu’est‑ce qu’une microblazar ?
Dans les galaxies lointaines, les trous noirs supermassifs (des millions à des milliards de fois la masse du Soleil) peuvent générer des jets colossaux appelés « blazars » lorsqu’ils sont orientés vers la Terre. L’effet Doppler relativiste amplifie alors la luminosité perçue, donnant l’impression d’un phare cosmique. Le système découvert est l’équivalent à petite échelle de ce phénomène : un trou noir de masse stellaire qui, en avalant du gaz de son compagnon, expulse deux jets étroits. Le jet qui pointe vers nous apparaît plus brillant que son homologue opposé, grâce à l’« relativistic Doppler boosting » décrit par les physiciens. Les chercheurs l’appellent donc une « microblazar », une version miniature d’un blazar classique.
Comment les chercheurs ont‑ils identifié le système ?
Le premier indice provient d’une observation infrarouge réalisée en 1983 par le satellite IRAS, un projet conjoint des États‑Unis, du Royaume‑Uni et des Pays‑Bas. L’objet était alors relégué aux archives, mais il a refait surface lorsqu’une équipe a entrepris de rechercher des sources énergétiques intenses cachées derrière d’épaisses nappes de poussière. En ciblant les zones où le rayonnement était fortement atténué, ils ont repéré IRAS 18293‑0941 comme une candidate prometteuse. Des relevés radio très haute résolution, obtenus grâce à un réseau d’interféromètres européens, ont permis de cartographier le jet et de confirmer sa direction vers la Terre. Parallèlement, le satellite Gaia a fourni une position précise de l’étoile, éliminant le risque de confusion avec un objet extragalactique aligné par hasard.
Pourquoi aucune alarme n’est justifiée
Le jet, bien que rapide, est extrêmement fin et ne constitue pas une menace directe pour notre atmosphère. De plus, la distance qui sépare le système de notre planète est suffisante pour que l’énergie transportée se dissipe largement avant d’atteindre le voisinage solaire. Les modèles astrophysiques montrent que même les blazars les plus puissants, lorsqu’ils sont situés à des millions d’années‑lumière, n’influent pas de façon notable sur la Terre. Dans le cas présent, le trou noir est d’une masse comparable à celle d’une étoile massive, et le jet est donc beaucoup moins énergétique que ceux des supermassifs. En résumé, il s’agit d’un phénomène fascinant du point de vue scientifique, mais sans conséquences néfastes pour notre quotidien.
Source: https://scientias.nl/zwart-gat-richt-straal-op-de-aarde-niets-om-ons-zorgen-over-te-maken/