Contexte du règlement Anthropic
En 2025, Anthropic a conclu un accord de 1,5 milliard de dollars pour mettre fin à une action collective portant sur le droit d’auteur. Le tribunal a jugé que l’utilisation d’œuvres protégées pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle relève du fair‑use, à condition que la copie non autorisée soit interdite. Le règlement, validé en juillet 2025, prévoit le versement de 3 000 $ par œuvre piratée aux auteurs concernés.
Modalités de répartition
Si le livre est encore édité par une maison traditionnelle, le montant est partagé à parts égales entre l’auteur et l’éditeur. En revanche, pour les titres auto‑édités ou dont les droits ont été rétrodus, l’auteur perçoit la totalité du paiement.
Les auteurs s’insurgent
Rapidement, de nombreux écrivains ont signalé des anomalies : des courriels les informaient que des tiers réclamaient une part de leurs versements. L’auteure de thrillers April Henry a dénoncé HarperCollins, qui aurait prétendu à un paiement sur un ouvrage dont les droits étaient revenus à l’auteur depuis plus de dix‑sept ans. Elle a même reçu une alerte indiquant que la maison était désormais son « employeur », ce qui n’est jamais le cas.
Deux catégories de plaintes
Sur le blog « Writers Beware », Victoria Strauss a identifié deux problèmes récurrents. D’une part, des éditeurs réclament des sommes sur des titres dont les droits ont déjà été rétrodus, et d’autre part, ils demandent la totalité du paiement alors qu’ils ne sont légitimes qu’à 50 %.
Réactions des organisations
Mary Rasenberger, directrice de l’Authors Guild, a minimisé l’intention malveillante des éditeurs, l’attribuant à une mauvaise tenue des registres et à la complexité du dispositif de règlement. Elle estime que ces erreurs sont prévisibles dans un processus d’une telle ampleur.
Des agents aussi en jeu
Le phénomène ne se limite pas aux éditeurs. Des agents littéraires, qui ne détiennent aucun droit de propriété sur les œuvres, ont également tenté de s’approprier des parts du versement. Courtney Milan, écrivaine et avocate, a exprimé son indignation sur Bluesky, qualifiant ces tentatives de « absurdes » et appelant à un arrêt immédiat.
Comment contester un paiement
Les auteurs peuvent déposer une contestation en prouvant que la réversion des droits a eu lieu avant le 10 août 2022, date de « download » retenue dans le règlement. Le processus de réclamation reste toutefois laborieux, et plusieurs écrivains signalent que les mêmes erreurs se répètent, suggérant un problème systémique plutôt que des incidents isolés.
Perspectives et leçons
Cette controverse met en lumière les défis de la gouvernance des droits d’auteur à l’ère de l’IA. Elle souligne l’importance d’une base de données fiable des droits et d’une communication transparente entre auteurs, éditeurs et plateformes technologiques. Sans amélioration, d’autres règlements similaires risquent de reproduire les mêmes tensions.