Une araignée géante s’installe en Amérique du Nord

En 2014, les scientifiques ont repéré pour la première fois la Trichonephila clavata, plus connue sous le nom de « Joro spider », dans le sud‑est des États‑Unis. Depuis, la femelle, reconnaissable à son corps jaune‑noir et à ses immenses toiles dorées d’automne, a colonisé rapidement de nouvelles régions, notamment en Géorgie et en Caroline du Sud. Cette expansion fulgurante a immédiatement suscité l’inquiétude parmi les biologistes, qui redoutaient une concurrence directe avec les espèces autochtones.

Des craintes de compétition alimentaire

Les araignées tisserandes locales capturent leurs proies en attendant qu’un insecte se prenne dans leurs fils. L’arrivée d’une espèce capable de produire des réseaux beaucoup plus vastes aurait pu entraîner une « starvation » des espèces indigènes, en capturant les mêmes insectes ou, pire, en se nourrissant elles‑mêmes. Les experts imaginaient alors un scénario où la Joro spider pousserait les araignées natives à la disparition.

Une étude qui change la donne

Un groupe de chercheurs de l’Université de Géorgie, mené par Jason Schmidt, a publié en 2023 dans PLOS ONE des résultats surprenants. En octobre 2021, ils ont collecté 356 femelles sur 52 sites, dont 213 Joro spiders, et les ont comparées à trois espèces locales. Grâce à la technique du DNA‑metabarcoding, ils ont pu identifier les fragments génétiques présents dans les intestins de chaque araignée, révélant ainsi les groupes d’insectes consommés.

Au total, 164 groupes de proies ont été détectés. Parmi les Joro spiders, au moins 26 groupes n’apparaissaient pas chez les trois espèces étudiées, ce qui indique un régime alimentaire distinct. La plupart de ces groupes correspondent à de petits diptères et à d’autres insectes généralement considérés comme nuisibles. En d’autres termes, la Joro spider se nourrit surtout d’insectes que les araignées indigènes ignorent ou laissent passer.

Pas de pression sur les espèces locales

Les chercheurs n’ont observé aucune différence notable dans l’alimentation des araignées natives entre les sites où la Joro spider était présente et ceux où elle était absente. Si la nouvelle venue entravait réellement les populations locales, on aurait attendu un déplacement de leurs habitudes de chasse, ce qui n’est pas le cas. De plus, aucune preuve de diminution du nombre d’individus indigènes n’a été relevée.

Schmidt décrit la Joro spider comme « tranquille » malgré sa taille imposante. Lors de l’étude, plusieurs spécimens ont grimpé sur son visage et ses cheveux sans jamais mordre. Cette attitude pacifique contraste fortement avec les appréhensions initiales et suggère que la présence de cette araignée ne représente pas une menace pour les humains.

Ce que cela signifie pour l’écosystème

Ces découvertes offrent une perspective plus nuancée sur les espèces introduites. Plutôt que de devenir un prédateur dominant, la Joro spider semble occuper une niche alimentaire complémentaire, ciblant des insectes que les araignées locales négligent. Cette dynamique pourrait même contribuer à la régulation de populations d’insectes nuisibles, apportant un bénéfice inattendu aux agriculteurs et aux jardiniers.

En résumé, la Joro spider, loin d’être un envahisseur destructeur, apparaît comme un acteur discret mais efficace du contrôle biologique. Les futures recherches devront confirmer ces tendances sur d’autres territoires, mais pour l’instant, les arachnophobes peuvent se rassurer : la présence de cette grande tisseuse ne signifie pas la fin des araignées indigènes.

Source: https://scientias.nl/deze-enorme-spin-rukt-op-in-de-verenigde-staten-en-heeft-een-heel-ander-menu-dan-biologen-dachten/

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