Une vision née de l’expérience des géants du cloud
Avant de rejoindre Sequoia Capital en 2020 comme directeur numérique et de l’information, Avon Puri a passé plus d’une décennie à piloter les infrastructures chez Rubrik et VMware. Trois ans plus tôt, alors que les modèles de langage de grande taille commençaient à révéler tout leur potentiel, Puri, aux côtés de Sudheer Dhurjati, un autre leader IT soutenu par Sequoia, a perçu une opportunité : l’intelligence artificielle pouvait devenir l’assistant autonome qui empêcherait les pannes technologiques avant même qu’elles ne surviennent.
De l’idée à la création d’Empirik
Plutôt que de réagir aux défaillances après coup, les deux vétérans ont imaginé un outil capable de suivre chaque modification du système et d’en déduire les effets en chaîne sur l’ensemble de l’infrastructure. Cette réflexion a donné naissance à Empirik, une plateforme qui agit comme un « agent de circulation » numérique, autorisant les changements à faible risque, imposant des garde‑fous sur les modifications majeures et signalant les mises à jour les plus dangereuses pour une validation humaine.
Un financement qui valide la promesse
Après une phase d’incubation chez Sequoia en 2023, la startup a levé 21 millions de dollars en seed auprès de Sequoia, Canapi et Alumni Ventures. Ce tour de table a également permis de nommer Kartik Chandrayana – ancien CPO de Quantum Metric et vice‑président de l’observabilité chez Salesforce – au poste de CEO. Selon Bogomil Balkansky, partenaire chez Sequoia, la plupart des outils d’observabilité actuels peinent à appréhender les dépendances complexes ; Empirik se démarque en étant le premier à se concentrer exclusivement sur le suivi des changements à grande échelle.
Comment Empirik libère les équipes SRE et DevOps
En se positionnant comme un ingénieur d’infrastructure autonome, Empirik permet aux équipes de fiabilité du site (SRE) et aux ingénieurs DevOps de déléguer le dépannage de routine. Elles peuvent ainsi se concentrer sur des projets à plus forte valeur ajoutée, comme l’optimisation des performances ou l’innovation produit. Depuis son lancement, la solution a séduit une palette de clients allant de jeunes startups à des géants du Fortune 500, parmi lesquels S&P Global, Guardant Health et un important acteur du secteur des biens de consommation.
Un parallèle avec l’IA générative pour les développeurs
Chandrayana compare la mission d’Empirik à celle de Cursor ou Claude Code, qui automatisent des tâches de codage pour les développeurs. De la même façon, Empirik ambitionne d’accélérer le travail des ingénieurs d’infrastructure, en automatisant la détection des risques liés aux changements et en proposant des actions correctives avant que les incidents ne se matérialisent. Dans un contexte où le rythme de développement logiciel s’intensifie grâce à l’IA, disposer d’un garde‑fou intelligent devient indispensable.
Concurrence et positionnement
Pour l’instant, Empirik évolue dans une catégorie à part, complétant les plateformes d’IA SRE comme Resolve ou Traversal, soutenues elles aussi par Sequoia. Cette singularité lui confère un avantage stratégique, car il agit comme une couche supplémentaire de sécurité, capable d’interpréter les dépendances complexes que les solutions traditionnelles ne saisissent pas.
En résumé, Empirik propose une nouvelle génération d’observabilité, où l’IA ne se contente pas de signaler les anomalies, mais anticipe les pannes avant même qu’elles ne se manifestent. Cette approche promet de transformer la manière dont les équipes d’infrastructure gèrent la stabilité des systèmes, en réduisant les coûts liés aux interruptions et en libérant du temps pour l’innovation.