Une enquête australienne bouleverse les idées reçues

Une vaste étude menée auprès de plus de 3 400 Australiens, incluant des adolescents dès l’âge de treize ans, a mis en lumière un lien surprenant entre la misogynie et les différentes formes d’extrémisme. Que l’on parle d’incels, d’extrême‑droite, de suprémacisme blanc, de mouvements religieux ou même d’extrémisme de gauche, la même hostilité envers les femmes apparaît comme le facteur commun le plus puissant.

Des attitudes sexistes au cœur de la radicalisation

Les participants ont été interrogés sur leurs opinions à propos de phrases telles que « les femmes sont irritantes rien que d’exister » ou « le féminisme est une idéologie haineuse ». Les réponses ont révélé que la croyance selon laquelle les hommes doivent dominer les femmes et que toute remise en cause de cet ordre naturel justifie la violence était largement partagée parmi les jeunes qui soutiennent des idées radicales.

La misogynie dépasse les frontières idéologiques

Contrairement aux attentes, les variables classiques comme l’appartenance politique, la religion, l’origine ethnique ou le temps passé en ligne se sont avérées moins corrélées aux attitudes violentes que le rejet des femmes. Les chercheurs ont ainsi conclu que la misogynie constitue une « source idéologique » alimentant des mouvements aussi divers que l’extrême droite ou les groupes incels.

Le rôle ambigu du numérique

Les services de sécurité se concentrent habituellement sur les jeux vidéo, les forums et les réseaux sociaux. Cependant, lorsque l’on prend en compte les convictions sexistes, ces indicateurs perdent presque toute valeur prédictive. Trois environnements en ligne se démarquent : les contenus diffusés par les « man‑influencers », les plateformes de rencontres et la pornographie. Le suivi des man‑influencers est le meilleur indicateur de misogynie, tandis que les sites de rencontres et la pornographie sont étroitement liés à la justification de la violence contre les femmes. Une fois la dimension sexiste intégrée, leur influence directe sur l’extrémisme s’est fortement atténuée, à l’exception de la pornographie qui conserve un lien résiduel.

Les adolescents, une cible particulièrement vulnérable

Les résultats les plus alarmants concernent les jeunes garçons. Ils affichent les taux les plus élevés de méfiance envers les femmes et d’adhésion à des rôles de genre rigides. Plus d’un quart d’entre eux soutiennent simultanément des discours d’extrême droite, d’extrême gauche et de suprémacisme blanc, tout en affirmant que le féminisme doit être combattu par la force. Les filles adolescentes ne sont pas en reste : elles partagent également un nombre inquiétant d’idées sexistes, parfois plus que les femmes adultes.

Un problème déjà visible dans les salles de classe

Un sondage complémentaire auprès de 511 enseignants australiens montre que 62 % d’entre eux perçoivent la misogynie en ligne comme une préoccupation majeure dans leurs établissements. Cette prise de conscience indique que le phénomène n’est plus marginal, mais qu’il s’insinue déjà dans le quotidien éducatif.

En somme, l’étude souligne que la lutte contre l’extrémisme ne peut se limiter à la surveillance des activités numériques ou à la dénonciation des idéologies politiques. Il faut d’abord s’attaquer aux croyances sexistes qui nourrissent la violence et la radicalisation, en particulier chez les jeunes garçons, afin de prévenir la montée de mouvements dangereux.

Source: https://scientias.nl/van-incels-tot-extreemrechts-vrouwenhaat-blijkt-bij-tienerjongens-opvallend-vaak-samen-te-gaan-met-extremisme/

Related Articles