Une compagne enfin confirmée
Après plus d’un siècle de conjectures, les astronomes européens ont pu prouver que la célèbre supergéante rouge Betelgeuse, située dans la constellation d’Orion, possède bien un compagnon. L’observation a été réalisée avec le Very Large Telescope (VLT) installé au Chili, qui a capturé un point lumineux à quelques millièmes de seconde d’arc du bord de l’étoile. Cette découverte, publiée dans *Astronomy & Astrophysics*, change la donne pour la compréhension des étoiles massives en fin de vie.
Pourquoi Betelgeuse fascine les scientifiques
Betelgeuse, souvent décrite comme l’« épaule gauche » rouge d’Orion, est une supergéante rouge dont la masse initiale était estimée entre 18 et 21 fois celle du Soleil. Malgré son âge relativement jeune de quelques dizaines de millions d’années, elle a déjà gonflé à des dimensions colossales et montre des variations de luminosité complexes. En 2019, elle a même connu une forte obscuration due à un nuage de poussière, rappelant la fragilité de son atmosphère.
Un indice longtemps ignoré
Depuis les années 1980, des catalogues d’étoiles doubles mentionnaient la possible présence d’un second corps autour de Betelgeuse, mais aucune observation n’avait pu le confirmer. Les supergéantes rouges naissent généralement en paires, mais la plupart perdent leur compagnon à cause de collisions ou de fusions. Les études antérieures estimaient que seulement 20 à 40 % de ces géantes conservent un partenaire.
Le déclic de 2024
En 2024, les chercheurs ont remarqué que la lumière de Betelgeuse vibrait selon quatre périodes distinctes : 180, 230, 420 et 2 200 jours. Les trois premières correspondent à des pulsations internes, tandis que la plus longue a suscité le débat. Deux équipes ont alors proposé que ce cycle de près de six ans pourrait refléter la révolution d’un objet invisible autour de l’étoile.
La stratégie du VLT
Le 6 décembre 2024, les auteurs de l’étude ont pointé le VLT sur Betelgeuse en utilisant un instrument habituellement dédié à la recherche d’exoplanètes. Le principal défi était le contraste extrême : le compagnon se trouve à seulement 52 millièmes de seconde d’arc du centre de la supergéante, soit l’angle sous lequel on verrait une pièce de monnaie à 90 km. De plus, Betelgeuse est environ mille fois plus brillante que le point secondaire. Deux méthodes de calcul indépendantes ont convergé vers la même localisation, confirmant la présence du second corps.
Caractéristiques du nouveau compagnon
Le point lumineux détecté se situe à peine au-delà du disque apparent de Betelgeuse, dont le rayon mesure 43 millièmes de seconde d’arc. Le compagnon, quant à lui, se trouve à 52 millièmes, soit à une distance comparable à celle de Saturne du Soleil dans notre système. Si les deux étoiles sont nées simultanément, le compagnon serait une jeune étoile de 2,6 à 3,1 masses solaires, encore en phase de combustion de l’hydrogène, probablement de type bleu‑blanc.
Implications pour l’avenir de Betelgeuse
La présence d’un partenaire pourrait influencer le futur explosif de Betelgeuse. Une interaction gravitationnelle ou une éventuelle fusion pourrait modifier le moment où l’étoile déclenchera une supernova, phénomène que les astronomes attendent depuis longtemps sans pouvoir en prédire la date exacte. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour les modèles d’évolution stellaire et pour la recherche d’autres compagnons autour de supergéantes rouges.
Source: https://scientias.nl/betelgeuze-heeft-een-metgezel-en-die-is-nu-voor-het-eerst-duidelijk-gezien/