Comprendre le phénomène des feux souterrains
En plein été, les médias français rapportent une série d’incendies qui semblent se raviver après avoir été maîtrisés. Cette situation suscite la question de savoir s’il s’agit réellement de « feux zombies », un terme qui évoque des flammes renaissant de leurs cendres. L’explication repose sur la nature du combustible, notamment le tourbeau, qui possède des propriétés particulières.
Le rôle du tourbeau dans la persistance du feu
Le tourbeau est constitué de végétaux décomposés depuis des millénaires, riches en carbone stocké. Lorsqu’une combustion ordinaire touche ce matériau, la réaction chimique se déroule rapidement, libérant une chaleur intense, des gaz incandescents et des flammes visibles. En revanche, dans le tourbeau, la réaction se prolonge sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, parce que le feu ne dépend que d’une faible quantité d’oxygène. Il continue de crépiter sous la surface, se déplaçant lentement à travers le sol, invisible à l’œil nu.
Qu’est‑ce qu’un vrai feu zombie ?
Les scientifiques définissent les feux zombies comme des incendies capables de survivre à l’hiver. La neige, au lieu d’éteindre complètement les braises, agit comme un isolant thermique, préservant la chaleur résiduelle. Au printemps, la fonte libère l’oxygène nécessaire, et les braises peuvent à nouveau s’enflammer, donnant l’impression d’une nouvelle flambée alors qu’il s’agit d’une continuation d’un feu antérieur.
Conséquences climatiques et géographiques
Ces feux souterrains sont particulièrement néfastes pour le climat. Par mètre carré, ils émettent davantage de carbone que les incendies de forêt classiques, aggravant le réchauffement planétaire. On les retrouve surtout dans les régions froides comme l’Alaska, le Canada et la Sibérie, où les tourbeaux sont abondants. En France, la situation actuelle concerne surtout des incendies de végétation où le tourbeau sous‑jacent continue de crépiter, sans toutefois atteindre le stade de véritable feu zombie.
Pourquoi la France observe‑t‑elle ce phénomène ?
Le climat tempéré, les étés secs et les épisodes de canicule favorisent l’allumage initial des feux de forêt. Lorsque le feu atteint des zones riches en tourbeau, il peut s’enfoncer sous la surface et persister longtemps après la disparition des flammes visibles. Cette dynamique explique les résurgences inattendues au cours de la même saison ou au début du printemps suivant.
Pour approfondir le sujet, écoutez le podcast de Scientias qui décortique les mécanismes de ces incendies et leurs implications environnementales.
Source: https://scientias.nl/zijn-de-branden-in-frankrijk-nou-zombiebranden-of-niet-en-wat-zijn-het-dan-wel/