Un aperçu inédit du berceau stellaire
Grâce aux capacités infrarouges du télescope spatial James Webb, les astronomes ont pu percer le voile de poussière qui entoure le jeune système multiple FS Tau, situé à environ 450 années‑lumière dans les constellations du Taureau et du Bouvier. La nouvelle image révèle, pour la première fois, plusieurs protostars encore en formation et leurs environnements dynamiques, offrant une fenêtre spectaculaire sur les toutes premières étapes de la naissance d’étoiles semblables au soleil.
Le système FS Tau, une véritable maternité cosmique
FS Tau fait partie du complexe moléculaire Taurus‑Auriga, l’une des régions de formation stellaire la plus proche de la Terre. Âgé d’à peine 2,8 millions d’années, il est pratiquement un nouveau-né sur l’échelle cosmique, comparé à notre Soleil qui en compte plus de 4,6 milliards. L’observation met en évidence deux composantes majeures : FS Tau A, un système binaire dont la masse totale représente environ la moitié de celle du Soleil, et FS Tau B, une protostar entourée d’un disque protoplanétaire dense et quasi équatorial, destiné peut‑être à engendrer des planètes.
Jets flamboyants et marques de l’accrétion
FS Tau B est à l’origine des structures les plus spectaculaires de la photo. Des filaments orange‑rouge s’élancent du disque, révélant la présence de molécules de carbone aromatique (PAH) et d’hydrogène ionisé. En plus de ces larges traînées, de fins jets bleus surgissent à grande vitesse, classant l’objet comme un « Herbig‑Haro ». Leur choc contre le gaz et la poussière environnante crée des ondes de choc visibles sous forme de rangées lumineuses bleuâtres, témoignant d’une interaction violente entre matière expulsée et milieu natal.
Une croissance par épisodes
Le détail le plus surprenant apporté par Webb est la découverte de « trous » dans les flux d’éjection. Ces interruptions indiquent que l’accrétion de matière sur la protostar ne se fait pas de façon continue, mais par cycles d’intensité suivis de phases de repos. Durant les périodes d’accrétion maximale, le disque libère simultanément d’importantes quantités de matière sous forme de jets, tandis que les intervalles calmes laissent le système presque silencieux. Cette dynamique episodique confirme des hypothèses formulées à partir d’observations antérieures réalisées avec le télescope de 6 m du Special Astrophysical Observatory en Russie.
Webb versus Hubble : un contraste saisissant
La comparaison avec l’image visible prise par le télescope Hubble en 2024 montre l’avantage décisif de l’infrarouge. Tandis que Hubble ne percevait qu’une nébuleuse sombre traversée par une bande de poussière opaque, Webb dévoile un tableau coloré où chaque nuance raconte une partie du processus de formation planétaire et stellaire. Cette capacité à « voir à travers le brouillard » ouvre la voie à de futures études détaillées sur d’autres nurseries stellaires proches.
Source: https://scientias.nl/webb-legt-groeispurt-van-fs-tau-in-detail-vast/