Enquête du Wall Street Journal révèle une campagne trompeuse

Le quotidien économique a mis en lumière une pratique douteuse de la plateforme de prédiction Polymarket. Selon l’analyse de plus d’un millier de vidéos publiées en ligne, la société aurait versé des sommes à des créateurs de contenu afin qu’ils diffusent des vidéos où ils semblent réaliser des paris lucratifs sur le marché, alors que ces transactions sont entièrement fabriquées.

Des vidéos truquées, des sites clonés

Les enquêteurs ont constaté que de nombreuses séquences étaient tournées sur des copies quasi‑identiques du site officiel de Polymarket. Les interfaces affichaient des gains et des mouvements de fonds qui n’avaient jamais eu lieu dans la réalité. Cette mise en scène a ensuite été amplifiée par ce que le journal qualifie d’« armée de médias sociaux », un réseau de comptes gérés par un contractuel chargé du marketing.

Des créateurs dans l’ombre du paiement

Les influenceurs engagés ont été instruits de ne pas mentionner la rémunération reçue. Ce n’est qu’après les premières questions des journalistes que certains ont ajouté la mention « @polymarket partner » à leurs biographies. Razeen Khan, étudiant universitaire ayant collaboré avec Polymarket jusqu’en mars, a comparé la méthode à des publicités de restauration rapide qui embellissent le produit réel.

Réaction de Polymarket et promesses d’audit

Face à la polémique, la plateforme a déclaré être « engagée à maintenir des marchés exacts, équitables et transparents ». Elle a annoncé le lancement d’un audit interne visant à vérifier la conformité de ses contenus promotionnels et à corriger d’éventuels manquements.

Implications pour l’écosystème des créateurs

Ce scandale soulève des questions cruciales sur la responsabilité des influenceurs lorsqu’ils sont rémunérés pour promouvoir des produits ou services. La frontière entre le marketing légitime et la désinformation devient floue, surtout dans des secteurs comme les marchés prédictifs où la confiance du public est primordiale.

Les régulateurs pourraient être amenés à redéfinir les exigences de transparence, obligeant les créateurs à divulguer systématiquement toute compensation reçue. En attendant, les utilisateurs sont invités à rester critiques face aux contenus qui promettent des gains faciles et à examiner les sources avant de s’engager.

Source: https://techcrunch.com/2026/06/21/polymarket-reportedly-paid-creators-to-post-deceptive-videos-about-fake-bets/

Related Articles