Une nouvelle campagne pour la transparence

Après avoir fait résonner les couloirs des tribunaux contre Pacific Gas & Electric, Erin Brockovich se tourne aujourd’hui vers un secteur bien différent : les centres de données. Consciente que ces immenses installations, souvent dissimulées dans des zones rurales, peuvent transformer le quotidien des riverains, l’activiste lance une plateforme en ligne qui recense chaque data center américain connu du public.

Une carte collaborative, née d’une vague de signalements

Le site, présenté comme « work in progress », s’appuie sur les contributions de citoyens, associations locales et employés de construction. En moins d’un mois, plus de 3 900 signalements ont afflué, couvrant des problèmes de bruit, de consommation d’eau, voire d’augmentation des factures d’électricité. Mais le mot qui revient le plus souvent, selon Brockovich, est « transparence ». Les résidents dénoncent le manque d’information dès les phases de planification, des projets annoncés après l’obtention des permis à des développeurs qui ne répondent plus aux appels téléphoniques.

Pas d’attaque contre l’IA, mais contre le secret

L’objecteur précise qu’elle ne s’oppose pas aux data centers en tant que tels, ni à l’intelligence artificielle qui y trouve son hébergement. Son combat cible le « pattern » qu’elle documente : des accords de non‑divulgation (NDA) signés par des autorités locales avant même que les voisins soient informés, des communications étouffées et un processus décisionnel opaque. Cette absence de visibilité empêche les communautés de se préparer aux impacts environnementaux et sociétaux potentiels.

Vers une gouvernance plus ouverte

En rendant publique chaque localisation connue, le projet ambitionne de mettre la pression sur les développeurs et les administrations pour qu’ils adoptent des pratiques plus inclusives. Une fois les données agrégées, les médias, les législateurs et les groupes de défense de l’environnement pourront exploiter la cartographie afin d’exiger des audits indépendants, des études d’impact plus rigoureuses et une communication proactive avec les habitants.

Cette initiative, encore à ses débuts, montre comment le militantisme traditionnel peut se conjuguer avec la technologie pour surveiller un secteur en pleine expansion. Si la carte d’Erin Brockovich gagne en visibilité, elle pourrait bien instaurer une norme de transparence à l’échelle nationale, obligeant les acteurs du numérique à rendre des comptes à ceux qui vivent à proximité de leurs infrastructures.

Source: https://techcrunch.com/2026/05/31/erin-brockovich-takes-aim-at-data-center-secrecy/

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