Un regain d’observations dans une zone cruciale
Après plus d’un demi‑siècle d’interdiction de la chasse, les grands vins (vins bleus et vins communs) semblent enfin reprendre possession de leurs anciens territoires le long des côtes namibiennes et occidentales sud‑africaines. Une étude publiée dans l’African Journal of Marine Science a analysé plus de six décennies d’observations, de 1964 à 2025, et a mis en évidence une concentration exceptionnelle d’avistements après 2012. Sur les 12 signalements de vins bleus, 95 % datent de la dernière décennie, tandis que les 76 relevés de vins communs suivent la même tendance. Bien que les chiffres restent modestes, la dynamique temporelle contraste fortement avec la quasi‑absence d’observations entre 1973 et 2014.
Des données qui parlent d’elles‑mêmes
Le corpus de la recherche comprend douze observations directes et un échouage de vins bleus, ainsi que soixante‑seize observations et six échouages de vins communs. Le fait que la majorité de ces événements se soit produite récemment suggère une remontée de la présence de ces mammifères, plutôt qu’une simple augmentation du nombre d’observateurs. En effet, les récents travaux de prospection pétrolière et gazière ont entraîné une présence accrue de navires équipés d’observateurs, améliorant la probabilité de détection.
Pourquoi ces chiffres sont‑ils significatifs ?
Des études antérieures dans l’Antarctique montrent que les populations de vins communs réoccupent leurs aires alimentaires historiques, parfois en groupes de plusieurs centaines d’individus. Les estimations globales indiquent une croissance annuelle de 5 à 8 % pour les vins bleus et de 4 à 5 % pour les vins communs. Ainsi, les relevés africains s’inscrivent dans un phénomène mondial de reprise, même si des facteurs régionaux pourraient en moduler l’impact.
Les facteurs derrière ce possible renouveau
Rôle des courants riches en krill
Les eaux côtières de la Namibie et du Cap occidental bénéficient d’un upwelling puissant qui alimente la surface en krill, la principale source de nourriture des vins. Avant l’ère de la chasse, ces zones étaient des corridors d’alimentation et possiblement des zones de naissance pour les vins bleus. La même étude a noté que, lors de deux des quatre observations de vins bleus, un petit‑veau était présent, rappelant le rôle reproductive de cet écosystème.
Menaces contemporaines : trafic maritime et pêche au krill
Malgré le signal positif, des inquiétudes subsistent. La pêche intensive au krill, motivée par la production d’huile de poisson et d’aliments pour animaux, pourrait réduire la disponibilité de proies essentielles. De plus, la densité croissante du trafic maritime accroît le risque de collisions. Une recherche publiée dans Science en 2024 a identifié la région comme un point chaud pour les accidents entre navires et grands cétacés, avec trente‑sept collisions documentées depuis 1969, dont vingt‑sept au cours des quinze dernières années.
Perspectives et besoins de recherche
Les auteurs recommandent d’intensifier le suivi acoustique passif, en installant des hydrophones capables d’enregistrer les chants des vins, afin de disposer de données indépendantes des observations visuelles. Ils plaident également pour une meilleure coordination entre les routes maritimes, les zones de pêche et les aires protégées, garantissant aux populations en reconstruction l’espace nécessaire à leur reprise durable.
Source: https://scientias.nl/vinvissen-lijken-een-comeback-te-maken-in-deze-belangrijke-regio/