Un révélateur inattendu du réchauffement

Alors que la plupart d'entre nous associent la « soupe plastique » aux océans, une nouvelle étude publiée dans *Nature Climate Change* dévoile que ces particules planent aussi au-dessus de nos têtes, jouant un rôle insoupçonné dans le dérèglement climatique. Les chercheurs ont quantifié l’effet de chauffage de ces microplastiques en suspension, le comparant à celui du suie, et ont découvert qu’il représente environ 16 % de l’impact du charbon noir. Ce chiffre, bien que modeste, est assez important pour remettre en question la précision des modèles climatiques actuels, qui n’en tiennent pas compte.

L’importance de la couleur

Contrairement aux études antérieures qui présumaient que les microplastiques dans l’air étaient transparents ou blancs, cette enquête révèle que la réalité est bien plus colorée. La teinte d’un fragment détermine la quantité de lumière solaire qu’il absorbe. Les particules noires s’avèrent être les plus coupables, absorbant jusqu’à 75 fois plus d’énergie que leurs homologues incolores. Les jaunes, bleus et rouges suivent de près, tandis que les blancs reflètent la lumière, limitant ainsi le réchauffement.

Évolution chromatique et persistance

Les scientifiques ont également observé que ces particules changent de couleur au fil du temps : les couleurs vives se fanent, les blancs jaunissent. Malgré ces transformations, l’effet net d’absorption reste stable à l’échelle macroscopique. En utilisant un modèle mondial de transport atmosphérique – une sorte de simulation météo pour les particules – ils ont estimé qu’en moyenne quatre microplastiques flottent dans chaque mètre cube d’air près du sol. Les plus petites, les nanoplastiques, demeurent dans l’atmosphère jusqu’à 28 jours, contre environ 8 jours pour les microplastiques.

Concentrations locales et impacts thermiques

La distribution n’est pas homogène. Les zones subtropicales des océans affichent les concentrations les plus élevées. Au-dessus du nord de l’océan Pacifique, le réchauffement causé par ces particules atteint presque cinq fois celui du suie. Globalement, l’effet de chauffage s’élève à 0,039 W/m², contre 0,27 W/m² pour le suie et des valeurs similaires pour le carbone brun provenant de la combustion du bois et des incendies de forêt.

Au-delà de l’air : le plastique, source de CO₂

En plus de leur rôle direct dans le réchauffement atmosphérique, la production et le traitement du plastique génèrent d’importantes quantités de CO₂ et d’autres gaz à effet de serre. Fabriqué à partir de pétrole, le plastique contribue déjà largement aux émissions industrielles. Malgré les efforts de recyclage, une grande partie du plastique produit finit dans l’environnement, alimentant un cercle vicieux de pollution.

En résumé, le « plastique volant » représente une menace climatique sous‑estimée. Son intégration dans les modèles climatiques pourrait affiner nos prévisions et guider de nouvelles stratégies de réduction des déchets.

Source: https://scientias.nl/de-plastic-soep-zit-niet-alleen-in-zee-hij-hangt-boven-je-hoofd-en-warmt-de-aarde-op/

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