Une analyse inédite du VAR en Premier League

Des chercheurs britanniques ont décortiqué 1 520 rencontres de la première division anglaise entre les saisons 2021/22 et 2024/25 afin de mettre à nu les mécanismes du système d’assistance vidéo à l’arbitre (VAR). Leur objectif était double : mesurer la fréquence à laquelle les arbitres reconsidèrent leurs décisions après un examen vidéo et identifier les éventuels facteurs externes qui pourraient influer sur leurs jugements. Au total, 250 interventions du VAR ont conduit les officiels à se rendre devant le petit écran situé le long de la ligne de touche. Après élimination des cas non pertinents, 245 décisions ont pu être traitées de façon rigoureuse.

Des changements de décision quasi systématiques

Le résultat le plus frappant de l’étude est sans appel : dans 95 % des situations, l’arbitre modifie son avis initial. Ce ne sont que douze cas où le juge maintient sa décision première, ce qui surprend même les auteurs, qui s’attendaient à une proportion moindre. L’explication préliminaire avancée par le principal chercheur, Daniel Walker, réside dans le rôle même du VAR : il n’intervient que lorsqu’une suspicion d’erreur est déjà présente, incitant ainsi le magistrat à revoir son positionnement avec un certain degré de prédisposition psychologique.

Un avantage potentiel pour l’équipe à domicile

Lorsque les douze décisions « maintenues » ont été examinées de plus près, neuf d’elles concernaient des actions favorables à l’équipe jouant à domicile, soit 75 % du total. Autrement dit, lorsque le premier jugement était bénéfique pour le club hôte, il a plus souvent survécu à l’inspection vidéo. Les chercheurs restent prudents, rappelant que le petit échantillon rend toute généralisation hasardeuse, mais le constat s’inscrit dans un contexte plus large où le « home‑advantage » est régulièrement documenté, notamment pendant la pandémie où l’absence de spectateurs a réduit cet effet.

Le rôle de la proximité du dispositif

Selon les règles de l’IFAB, l’arbitre doit rester visible du public pendant la phase de revu, ce qui place le moniteur à proximité immédiate des tribunes et, par conséquent, à portée auditive des supporters locaux. Cette configuration pourrait déclencher ce que les psychologues appellent le « proximity bias », une tendance inconsciente à favoriser les personnes qui se trouvent à courte distance de nous. Walker suggère, en réponse, de déplacer le poste de contrôle du VAR dans le tunnel des joueurs, loin des oreilles enthousiastes des fans. Les images resteraient toutefois diffusées sur les écrans géants du stade, assurant la transparence requise par la réglementation.

Vers une réforme du système ?

Si la proposition de relocaliser le tableau semble simple, son implémentation soulèverait des questions logistiques et techniques. Néanmoins, l’étude ouvre la porte à une réflexion plus profonde sur l’influence subtile de l’environnement sur les arbitres, au-delà de la simple maîtrise du ballon. Les prochains cycles d’observation pourraient confirmer ou infirmer l’existence d’un biais durable, incitant les instances dirigeantes à repenser l’emplacement du VAR pour garantir une impartialité maximale.

Source: https://scientias.nl/zwicht-de-scheidsrechter-stiekem-voor-het-thuispubliek-misschien-wel-zo-blijkt-uit-var-beslissingen/