Une découverte inquiétante en Italie du Nord
Des chercheurs ont récemment mis en lumière la présence de Klebsiella pneumoniae résistant aux antibiotiques chez des animaux libres, notamment des renards roux et plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques. Cette étude, publiée dans Frontiers in Microbiology, révèle que la résistance, jusqu’alors surtout considérée comme un problème hospitalier, s’insinue désormais dans les milieux naturels.
Échantillons provenant d’une diversité d’espèces
Au total, 493 spécimens décédés ont été prélevés dans le cadre d’un programme de suivi existant : 184 renards, 209 corvidés et 100 oiseaux d’eau. Les prélèvements, réalisés à partir du tractus intestinal, ont été cultivés en laboratoire afin d’isoler les bactéries du genre Klebsiella. Chaque souche a ensuite été soumise à une batterie d’antibiotiques pour déterminer son profil de résistance.
Analyse génétique approfondie
Les chercheurs ont séquencé le génome complet des isolats afin d’identifier les gènes de résistance spécifiques. Sur les 32 échantillons contenant du Klebsiella, dix étaient identifiés comme Klebsiella pneumoniae et appartenaient tous à un groupe à haut risque, réputé pour sa forte résistance aux traitements classiques. L’un d’eux, extrait d’un renard, portait même un gène conférant une résistance aux carbapénèmes, antibiotique de dernier recours.
Implications environnementales et sanitaires
Les oiseaux aquatiques, capables de parcourir de longues distances, pourraient transporter ces micro-organismes d’un pays à l’autre, tandis que les renards, plus sédentaires, offrent un aperçu de la diffusion locale. Cette dualité permet aux gestionnaires de la nature de cartographier la propagation de la résistance à travers différents habitats.
Vers une surveillance renforcée
Selon le responsable de l’étude, Mauro Conter, le suivi des espèces sauvages constitue un système d’alerte précoce crucial. « Lorsque les animaux sauvages hébergent des bactéries résistantes, cela signale une contamination environnementale déjà avancée », souligne-t-il. Toutefois, les auteurs précisent qu’ils n’ont pas encore évalué le danger direct pour l’homme.
Recommandations pour freiner la diffusion
Les experts appellent à réduire l’usage d’antibiotiques dans les eaux usées, à améliorer les procédés de traitement des effluents et à limiter les traitements prophylactiques en élevage. Une action concertée dans ces domaines pourrait freiner l’infiltration de gènes de résistance dans les écosystèmes.
Source: https://scientias.nl/gevaarlijk-resistente-bacterie-duikt-nu-ook-op-in-het-wild/