Découverte inattendue au bord du Puget Sound
Une équipe de l’Université de Washington a mis en évidence la présence du ver liane Echinococcus multilocularis dans les excréments de coyotes collectés près de Seattle. Sur un échantillon de cent carcasses prélevées dans la région du Puget Sound, 37 individus portaient la forme adulte du parasite, ce qui indique une présence largement répandue chez les carnivores sauvages du Nord‑Ouest américain.
Un ennemi en progression rapide
Selon la responsable du projet, Yasmine Hentati, la tique parasitaire s’est insinuée en Amérique du Nord depuis une quinzaine d’années, mais ce sont les dernières observations qui montrent une accélération de sa propagation. « Il y a quelques mois encore, aucun coyote de Washington n’était contaminé. Aujourd’hui, plus d’un tiers des spécimens testés en héberge le ver », a‑t‑elle déclaré.
Méthodes combinées pour une identification sûre
Les scientifiques ont conjugué plusieurs techniques : examen macroscopique des carcasses, observation microscopique des vers adultes et analyses ADN afin de confirmer l’espèce. Le séquençage a révélé que la souche détectée était identique à celle prélevée auparavant en Colombie‑Britannique, provenance probable d’une lignée européenne réputée plus contagieuse que les variants autochtones d’Alaska.
Cycle de vie complexe et risques pour la santé
Le ver vit principalement dans les intestins des canidés (coyotes, loups, chiens domestiques) où il reste habituellement inoffensif. Les œufs sont expulsés avec les selles, contaminant le sol et l’eau. Les rongeurs, en ingérant ces particules, développent des kystes, surtout au niveau du foie. Lorsqu’un prédateur consomme un rongeur infecté, le cycle se referme.
Chez l’homme, l’ingestion accidentelle d’œufs peut conduire à l’alvéolaire échinococcose, une maladie chronique qui crée des lésions cystiques dans le foie et parfois d’autres organes. Le développement est lent, souvent silencieux, et le diagnostic n’est posé qu’à un stade avancé, rendant le traitement difficile voire mortel.
Implications pour les animaux de compagnie
Les chiens domestiques peuvent héberger le parasite sans présenter de symptômes, mais ils sont capables de diffuser les œufs dans l’environnement familial. Ainsi, un animal de compagnie non traité peut, par inadvertance, exposer son propriétaire à une infection potentiellement sévère.
Prudence sans panique
Les auteurs insistent sur le fait que le taux élevé chez les coyotes n’implique pas automatiquement une hausse des cas chez les humains ou les chiens. La majorité des animaux de compagnie ne consomment pas de petits rongeurs sauvages, limitant ainsi le risque direct. Néanmoins, ils recommandent de contrôler régulièrement les dépistages vermifuges, d’éviter de laisser les chiens consommer des proies non identifiées et de pratiquer une hygiène rigoureuse lors de la manipulation des excréments ou de la chasse.
En résumé, la découverte d’Echinococcus multilocularis dans la région de Seattle signale une évolution géographique inattendue d’un parasite redoutable, rappelant l’importance d’une surveillance sanitaire renforcée tant pour la faune sauvage que pour les foyers humains.