Des découvertes qui bousculent les certitudes

Les recherches archéologiques menées dans le nord-ouest de l'Australie ont mis au jour quatorze nouvelles représentations du tigre de Tasmanie et deux du diable de Tasmanie gravées sur des rochers du territoire d'Arnhemland. Ces œuvres, réalisées avec du ocre rouge, parfois jaune, et même de la cendre blanche, suggèrent que ces animaux ont pu coexister avec les peuples autochtones bien plus tard que les estimations précédentes, qui les plaçaient à environ 3 000 ans d'extinction sur le continent.

Localisation et datation divergente

Les figures ont été repérées à deux sites distincts, Awunbarna et Injalak Hill. Leur style, propre aux traditions artistiques aborigènes, mêle des pigments traditionnels à de la poudre d'argile blanche, un matériau qui se détériore plus rapidement que le ocre. Cette fragilité indique que certaines peintures ne dépassent peut‑être pas le millénaire, remettant en question la chronologie habituelle de la disparition du tigre.

Analyse des motifs et identification précise

Les chercheurs, sous la direction du professeur Paul Taçon de l'Université Griffith, ont comparé chaque représentation aux caractéristiques bien connues du tigre de Tasmanie : un corps élancé, une queue longue, des oreilles rondes et les fameuses bandes sombres le long du dos. De même, les dessins du diable de Tasmanie dévoilent une carrure robuste, une tête arrondie et des moustaches distinctives. La finesse des détails – notamment la posture exacte et la disposition des rayures – renforce l'hypothèse que les artistes ont observé ces créatures vivantes plutôt que de se baser uniquement sur des légendes ou des copies d'anciennes œuvres.

Portée culturelle et mythologique

Au-delà de la simple datation, ces peintures illustrent le rôle central du tigre de Tasmanie dans la cosmogonie aborigène. L'animal apparaît fréquemment aux côtés du serpent arc-en-ciel, symbole d'eau et de fertilité. Cette association mythique souligne l'importance de l'espèce dans les récits de création et les pratiques rituelles. Les chercheurs notent également que, comparativement, le diable de Tasmanie apparaît moins souvent dans l'art rupestre, ce qui suggère une différence de statut culturel entre les deux espèces.

Ces nouvelles découvertes ouvrent la porte à une réévaluation de la chronologie de l'extinction en Australie. Si certaines communautés autochtones ont réellement côtoyé le tigre de Tasmanie jusqu'à moins de mille ans avant notre ère, cela implique que les pressions humaines ou environnementales ont pu agir différemment de ce que les modèles précédents présentaient.

Enfin, ces œuvres confirment que l'art rupestre est un témoignage vivant, capable de renseigner sur la faune disparue, les interactions humaines et les croyances profondément ancrées dans les sociétés précoloniales. Elles rappellent que chaque trait de pinceau sur la pierre porte en elle un fragment d'histoire, un indice précieux pour les scientifiques modernes.

Source: https://scientias.nl/nieuwe-rotstekeningen-laten-zien-dat-de-tasmaanse-tijger-veel-later-uitstierf-in-het-wild-dan-eerder-gedacht/

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